Complément aux chapitres 3 et 15 de L’Esclave – La présence des Sarrazins en Occident. 

Guerrier maure par Henri Delaborde, 1811-1899
Guerrier maure par Henri Delaborde, 1811-1899

A la fin du XXIe siècle, dans le roman, les « sarrazins » auront « reconquis » le sud de l’Europe. Le terme « Reconquête » (Reconquista) désigne habituellement la récupération de la péninsule ibérique par les chrétiens, après l’occupation de celle-ci par des musulmans omeyades puis almoravides venus d’Afrique du Nord. Le roman suppose donc l’existence future d’une nouvelle Reconquête, musulmane cette fois, sous l’impulsion d’un nouveau Califat basé à Téhéran.

Le terme « sarrazin » (ou « sarrasin ») est utilisé au Moyen-Âge pour désigner aussi bien les arabes et les berbères que les empires musulmans : d’abord omeyade (capitale Damas) puis abbaside (capitale Bagdad). Le monde musulman a englobé à partir de 711-715 (occupation de l’Espagne) des territoires situés en Europe méditerranéenne, laquelle restera un enjeu des guerres entre chrétiens et musulmans jusqu’à la chute du royaume musulman de Grenade (en 1492, fin de la Reconquista).

Le territoire de l’actuelle France a lui aussi connu des incursions sarrazines, suivies de périodes d’occupation plus ou moins prolongées. Sur leur lancée, les envahisseurs avaient en effet passé les Pyrénées et pillé les principales villes rencontrées sur leur passage, avant d’être arrêtés par Charles Martel (bataille de Poitiers, 732). Au VIIIème siècle, la Septimanie (qui s’étendait au nord des Pyrénées et sur les rives de la Méditerranée jusqu’au Rhône) est restée pendant quelques décennies l’une des cinq provinces d’Al Andalus, avec pour capitale Narbonne (Arbuna). Au siècle suivant, les « Maures » se sont rendu maîtres du massif qui porte encore leur nom, au dessus de Saint-Tropez ; le nid de pirates du Freinet tint bon jusqu’à la fin du Xème siècle. Les îles de la Méditerranée passèrent sous contrôle musulman et les côtes au nord de la Méditerranée furent régulièrement pillées (Arles en 842). En Italie, Rome échappa de peu au saccage grâce à de solides fortifications, alors que le domaine du pape (actuel Vatican), sur la rive droite du Tibre, moins bien protégé, était mis à sac (en 846). Au Xème siècle la Méditerranée était devenue un « lac musulman ».

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Hârûn al-Rachîd (Aaron le sage) ben Muhammad ben al-Mansûr (né à Téhéran en 763 – mort au Khorassan, Perse, en 809), auquel il est fait allusion p. 18 de L’Esclave, est le cinquième calife de la dynastie des abassides. Ces derniers descendent d’un oncle de Mahomet nommé Abbas, d’où leur nom. Le règne d’Hârûn al-Rachîd a coïncidé avec un sommet de l’impérialisme musulman (en même temps qu’une revanche des chiites), même si l’Espagne demeurait alors aux mains d’un prince omeyade.

Hârûn al-Rachîd
Hârûn al-Rachîd
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