Deux façons de représenter le jihad : « Timbuktu » et « l’Esclave »

TimbuktuPar Selim Lander

Alors que les médias déversent quotidiennement leur lot d’informations concernant les atrocités commises au nom d’Allah sur des populations peut-être pas innocentes – car qui pourrait se vanter d’être sans péché – du moins paisibles et n’aspirant qu’à continuer à vivre en paix, il n’est pas surprenant que des œuvres de fiction abordent ce thème. Faisons tout de suite justice de l’objection en provenance de ceux qui, obsédés par la crainte de n’être pas politiquement corrects, refusent par principe tout ce qui pourrait ternir l’image d’un islam idyllique, Religion d’Amour, de Tolérance et de Paix (on aura reconnu l’acronyme). Il faut croire que ces Européens habitant plutôt des beaux quartiers, qui vivent eux-mêmes dans un confortable agnosticisme, ont la mémoire courte. Ils devraient pourtant se souvenir qu’il est de l’essence même des religions – contrairement à certaines sagesses – d’être totalitaires. Il ne peut y avoir en effet qu’une vraie foi. S’il est avéré pour un croyant que, par exemple, le créateur et maître du monde, que dis-je de l’univers, est une entité tripartite constituée d’un Père à l’imposante barbe blanche, d’un Fils pâle et émacié cloué sur une croix, vêtu d’un simple pagne, et enfin d’une petite flamme sortant d’une lampe à huile dite l’Esprit Saint, toute personne qui refuse d’adorer cette trinité est considérée comme étant dans l’erreur et condamnée à périr en enfer. Après tout, chacun est libre de croire ce qu’il veut et de telles balivernes seraient sans conséquence si les fidèles s’en tenaient là. Et c’est ce qu’ils font, il est vrai, la plupart du temps. Sauf qu’il y a des moments où la religion se transforme en une folie meurtrière. Les peuples de tradition chrétienne ont cela gravé dans leur histoire : c’est au nom de leur dieu en trois personnes qu’ils ont connu – comme tortionnaires ou victimes – les croisades, les bûchers de l’Inquisition, Jeanne d’Arc, la Saint-Barthélémy, et, plus proches de nous, le capitaine Dreyfus, le Vel d’Hiv, l’homophobie… Suivant la logique insensée des religions, la vie d’un individu voué d’avance à l’enfer ne vaut rien, on peut la lui prendre sans pécher. Alors, pour peu qu’on aime faire couler le sang et que les circonstances s’y prêtent, il n’y a pas de raison de s’en priver ? C’est pourquoi un individu sain d’esprit devrait admettre que dénoncer les religions, toutes les religions, même celle des étrangers, même celle des pauvres, est une œuvre de salubrité publique. Et que l’un des tout premiers devoirs de l’école devrait être d’éradiquer les superstitions dans l’esprit des futurs citoyens. Mais passons. Retenons simplement de ce qui précède qu’il est au moins licite de dénoncer les atrocités commises au nom de la religion et que les artistes peuvent également y contribuer à leur manière.

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Une recension de « L’Esclave » par Dégé

Drôle de genre ou Le dieu masqué

John Frederick Lewis - La  Siesta - 1876
John Frederick Lewis – La
Siesta – 1876

Intéressant pour le moins L’Esclave de Michel Herland par ses thématiques et sa construction : d’un chapitre à l’autre l’auteur nous propulse d’un  narrateur à l’autre, d’un siècle à l’autre. De 2009 à 2114. Roman de science fiction donc ? Pas vraiment car nul futurisme dans les descriptions, les dialogues, les idées… Bien au contraire. Est-ce parce que, l’Asie ayant pompé toutes ses richesses, l’Europe à genoux est soumise aux Sarrazins ? L’ambiance est orientale et moyenâgeuse. Le calendrier grégorien étant remplacé par l’hégirien : en 2114 (1538), nous sommes au 16ème siècle ! Une régression dans le futur.

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